dimanche 24 janvier 2010

Toujours la prose de ...

Si soigneusement qu'il nettoyât et talquât la tente après chaque voyage, quand il la dépliait à nouveau, des brindilles collées au tapis de sol, des fleurs séchées, des grains de sable lui remettaient en mémoire des scènes, des visages, des musiques du bonheur précédent, et le parfum de soleil et d'herbe, si particulier, qui s'échappait de la toile comme un génie d'un flacon dans les contes orientaux, lui restituait avec une précision suffocante la mélancolique féerie de son passé.

Gabriel Matzneff, Ivre du vin perdu

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