jeudi 18 février 2010

Libertés surveillées

Quand les bulldozers d'Octobre entraient dans les maisons

à cinq heures du matin

Quand les défenseurs des Droits de l'Homme

étaient assis sur les genoux de la police

à cinq heures du matin

Quand les colombes portaient fusil en bandoulière

à cinq heures du matin

Quand on demande à la liberté de montrer ses papiers

à cinq heures du matin

il y avait ceux qui pleuraient en silence

dans un coin de leur cellule

il y avait ceux qui se ruaient sur les barreaux

et que les gardiens traitaient de drogués

il y avait ceux qui hurlaient de peur la nuit

il y avait ceux qui jeûnaient depuis le début

Quand on fait trébucher la Justice

dans les maisons pas chauffées

à cinq heures du matin

Quand la raison d'état se met en marche

à cinq heures du matin

il y en a qui sont devenus cicatrices

à cinq heures du matin

il y en a qui sont devenus frisson

à cinq heures du matin

il y a ceux qui ont oublié

il y a ceux qui serrent encore les dents

il y a ceux qui s'en sacrent

il y a ceux qui veulent tuer

(Gérald Godin, 1938-1994)

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