lundi 8 février 2010

Une juste humilité

"La vision de l'existence humaine perçue comme un souffle, un épisode infime, un épiphonème, marque encore l'appartenance du haïku au zen. Le poème d'Issa fait d'ailleurs écho au célèbre verset du Bouddha dans Le Soûtra du diamant, au chapitre "L'Illusion des apparences" :

"Il en est ainsi de notre vie sur terre,
comme une étoile de l'aube, une bulle sur l'eau,
une goutte de rosée, un éclair dans le ciel d'été,
un rêve dans ce monde flottant."

Comment alors ne pas sentir naître en soi des sentiments d'humilité et de compassion ? Comment ne pas se sentir proche de tous ceux qui partagent avec nous un destin mortel ? Tout haïkiste, par sa pratique poétique, est ramené à ces interrogations essentielles. Et c'est alors toute une vision de la vie qui change. Une vie où l'on éprouve du respect pour plus petit que soi :

"Le sumo vainqueur
évite d'écraser les insectes
sur son chemin de retour"

Issa (le haïku seulement)

Une vie où l'on sait que sa place n'est ni au-dessus ni au-dessous des autres, mais dans une juste humilité, c'est-à-dire une humilité non pas résignée, mais joyeuse et apaisée :

"Sous les fleurs des cerisiers
personne
n'est vraiment étranger"

Issa

"Là où il y a des hommes
il y a des mouches
il y a des bouddhas"

Issa

L'art du haïku


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