dimanche 25 avril 2010

Le champ merveilleux du possible

"La lecture du Littré est une vraie délivrance, car elle nous vaccine pour toujours contre la laideur imbécile des mots gélatineux, des solécismes à la mode et des grotesques barbarismes qui semblent former toute la langue de tant de nos contemporains, vous savez bien, le style : "Un mec cool, ral-le-bol de flipper au niveau de la communication, cherche nana libérée pour assumer leur vécu et s'éclater ensemble." L'identité, c'est la mémoire, et ce grand mémorial de la langue française qu'est le Littré nous rend nos racines, notre passé, nos fidélités les plus hautes. Quand je suis guetté par le désespoir, et que je sens que tout m'échappe, mes amours, ma vie, je ne prends pas un médicament sédatif, j'ouvre mon Littré, et je retrouve la source jaillissante, et la sève, et la rigueur, et le champ merveilleux du possible."

(Gabriel Matzneff, Maîtres et complices)

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