lundi 24 mai 2010

Ibn al-Khattab

Curare, ricin, strychnine, des poisons variés ont, de Lénine à Brejnev, été largement utilisés par les services secrets soviétiques, qui n’hésitaient pas à poursuivre "traîtres", dissidents et "ennemis du peuple" sur le territoire de l’URSS et au-delà. Avec l’effondrement de l’URSS, en 1991, le laboratoire de toxicologie no 12 du KGB semblait tombé dans l’oubli. Pas le moins du monde. Dans un livre publié en 2002, depuis son exil britannique (La Bande criminelle de la Loubianka, éditions Grani, New York), Alexandre Litvinenko affirme que le FSB, héritier du KGB, a réactivé son "laboratoire des poisons". La mort subite, le 19 mars 2002, dans les montagnes de Tchétchénie, de l’islamiste jordanien Khattab, compagnon de djihad du terroriste tchétchène Chamil Bassaev, lui donne raison. L’"émir" jordanien avait reçu une missive empoisonnée. Le ministère de la défense se réjouit de la "liquidation" ; le FSB évoqua une "opération spéciale" sans s’étendre sur les moyens employés, secret oblige. La télévision montra des images du cadavre. Les compagnons de l’émir prirent la chose au sérieux. Quelques jours plus tard, Ibraguim Alaouri, le coursier daghestanais porteur de la lettre fatale, était passé par les armes. (Source : Marie Jego, Le Monde, 26 novembre 2006)

"Je suis un homme mort..."

Je suis un homme mort depuis plusieurs années ;
Mes os sont recouverts par les roses fanées.

(Charles Cros)

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