vendredi 13 août 2010

Rayana Sadoulaeva

Lundi 10 août 2009, en début d'après-midi, des hommes armés ont fait irruption dans les bureaux de l'ONG "Sauvons la Génération" à Grozny et ont emmené de force Rayana Sadoulaeva et son mari Alik Djibralov. Leurs corps, criblés de balles, ont été retrouvés le lendemain dans une banlieue de la ville.

En 2006, nous vous faisions connaître le combat de cette jeune défenseuse des droits de l'Homme dans un reportage de Mylène Sauloy, intitulé "L'enfance brisée".

Grozny, la ville la plus bombardée depuis la Seconde guerre mondiale. Ici, les hommes se reconstruisent moins vite que la ville… Deux guerres successives ont laissé 3 800 mutilés à vie - dont près d’un millier d’enfants – victimes non reconnues d’une guerre qui tait son nom.

Rayana, la fondatrice du centre « Sauvons la Génération », - soutenu par la Commission Européenne, Handicap International et l’Unicef - accueille chaque jour une soixantaine d’enfants et de jeunes. La plupart ont sauté sur des mines antipersonnel posées par l’armée russe. D’autres ont été gravement blessés ou traumatisés sous les bombardements.

Auprès de Rayana, ils viennent chercher une aide médicale et psychologique. Une famille aussi. Entourée d’une équipe d’éducateurs tout aussi motivée qu’elle, Rayana suscite des miracles. De jeunes adultes, amputés d’un bras ou des deux jambes, s’entraînent dur pour participer à des championnats de bras de fer, de danse et rêvent des Jeux paralympiques.

Consciente que la « reconstruction » est loin de se limiter aux besoins physiologiques, Rayana est à l’origine de la formation d’une petite troupe de théâtre composée d’enfants, qui joue, de classe en classe, une pièce sur le danger des mines. Récemment, une ONG allemande est venue à Grozny avec une équipe de chirurgiens pour opérer 153 enfants victimes des mines antipersonnel. Encore un petit miracle organisé par Rayana…


Rayana Sadoulaeva avait obtenu le 4 décembre 2006 le Grand Prix Humanitaire Madame Figaro-Oenobiol, pour le travail réalisé par son association "Spasiom Pakalenie" à Grozny.

(Source : Arte reportage)

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