dimanche 8 août 2010

Zelimkhan Iandarbïev

Né en 1952, au Kazakhstan, comme la plupart des personnalités du mouvement séparatiste nés pendant la déportation de 1944-1957, plus précisément à Vydrika. Il fait des études de lettres, devient poète et auteur de littérature pour enfants puis se lance en politique en fondant en mai 1990 le Parti démocratique vaïnakh (les Vainakhs sont les ancêtres des Tchétchènes et des Ingouches), qui est le premier parti politique tchétchène, militant pour l'indépendance. Le parti défendra les revendications des Tchétchènes et des Ingouches jusqu'à la séparation de la RSSA de Tchétchénie-Ingouchie en deux entités distinctes, suite à la déclaration d'indépendance tchétchène.

En novembre 1990, il devient le n°2 du Comité exécutif du Congrès national tchétchène, dirigé par Djokhar Doudaïev. Membre du parlement de 1991 à 1993, il dirige le comité aux médias et est nommé en 1991 vice-président de la république tchétchène d'Itchkérie.

Pendant la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), il participe peu aux combats, se consacrant à l'écriture de livres sur l'indépendance. Excepté ses gardes du corps il ne commande aucune unité militaire. À la mort de Doudaïev en avril 1996, il lui succède comme président temporaire. En mai 1996, il dirige une délégation qui rencontre le président Boris Eltsine et le premier ministre Viktor Chernomyrdin, rencontre qui aboutira à la signature du cessez-le-feu le 27 de ce mois.

Il se présente aux élections de février 1997, mais ne reçoit que 10% des voix et c'est Aslan Maskhadov, le premier ministre et ministre de la Défense, qui l'emporte. Il participe avec ce dernier à la signature du traité de paix du 12 mai 1997 à Moscou[2]. Mais leurs relations se dégradent l'année suivante quand il est accusé d'être responsable d'une tentative d'assassinat contre Maskhadov. En septembre 1998, ce dernier l'accuse publiquement de promouvoir le développement du wahhabisme dans le pays et d'agir contre le gouvernement dans des meetings, mais également en finançant des groupes armés. Iandarbïev se ralliera effectivement à la ligne la plus dure de l'opposition islamiste, incarné par Chamil Bassaïev.

En août-septembre 1999, il est un des organisateurs de l'invasion du Daghestan par la Brigade islamique internationale de Bassaïev et Ibn Al-Khattab. Au début de la seconde guerre de Tchétchénie, il se rend au Pakistan et dans les Émirats arabes unis pour rallier le monde musulman à la cause tchétchène, et il s'installe finalement au [[]] en 2001.

La Russie fait sa première demande d'extradition en février 2003, en le citant comme une figure du terrorisme international et un financier des groupes armés tchétchènes, liés selon eux à Al-Qaida. En juin 2003, il est cité sur une liste noire du conseil de sécurité des Nations Unies comme étant lié à Al-Qaida, jouant un rôle clé depuis les États du Golfe dans le financement du terrorisme lié à Al-Qaida, et de soutenir une faction radicale tchétchène appelée SPIR (nom anglais : Special Purpose Islamic Regiment), responsable de la prise d'otages du théâtre de Moscou en 2002[3]. Il déclare : « je peux dire que ceux qui essaient de me faire passer pour un terroriste montrent que c'est ce qu'ils sont, en étant d'accord avec le plus honteux et inhumain refuge du terrorisme international et de l'activité criminelle, ce qu'est la Russie aujourd'hui avec son régime autoritaire ».

Assassinat

Le 13 février 2004, une bombe placée sur sa voiture explose à Doha, capitale du Qatar. Il ne meurt pas sur le coup mais à l'hôpital peu de temps après. Son fils de 12 ans Daud est sérieusement blessé. Des rapports contradictoires avancent soit que deux de ses gardes du corps sont tués également soit qu'il est la seule victime.

Les doutes se portent rapidement sur la Russie, qui aurait agi par l'intermédiaire du SVR ou du GRU, qui démentent toute implication. On évoque également un conflit entre les dirigeants séparatistes tchétchènes. Le ministre des affaires étrangères de Maskhadov condamne l'assassinat comme une "attaque terroriste russe", la comparant à celle qui a tué Doudaïev en 1996. Cet assassinat à la voiture piégée amènera le Qatar à adopter la première loi anti-terroriste de ce pays, actes qui seront punis de mort ou d'emprisonnement à vie.

Le 1er juin 2004, Léonid Parfionov, journaliste vedette de la télévision russe NTV, est licencié par la chaîne pour avoir rendu public le refus de celle-ci de diffuser une interview de la veuve Malika Iandarbïev.

Investigation et procès

le 19 février 2004, les autorités qataries arrêtent trois ressortissants russes pour les meurtres. L'un d'eux, le premier secrétaire de l'ambassade russe, Aleksandr Fetisov, est relâché en mars en raison de son statut diplomatique, bien que le quotidien russe Kommersant évoque qu'il aurait en fait été échangé contre des athlètes qataris détenus en Russie.

Les deux autres suspects, Anatoli Iablotchkov (ou Belachkov) et Vassili Pougatchiov (parfois appelé Bogatchiov), sont inculpés du meurtre de Iandarbiev, de tentative de meurtre sur son fils Daud, et de trafic d'armes. D'après Moscou, ils appartiennent bien au GRU, mais ont été envoyés à Doha pour une mission de renseignements sur le terrorisme. Le ministre de la défense Sergueï Ivanov apporte son soutien aux agents et déclare que leur emprisonnement est illégal.

Le procès a lieu à huis clos après la déclaration des accusés selon laquelle ils auraient été torturés après leur arrestation, alors qu'ils étaient tenus au secret. Les deux russes parlent de privation de sommeil, de passages à tabac et d'attaques par des chiens. Ils sont défendus par un avocat du cabinet fondé par Nikolaï Iegorov, ami et camarade de Vladimir Poutine de l'université d'État de Saint-Pétersbourg.

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