jeudi 28 octobre 2010

Proserpine - Dante Gabriel Rossetti (1828 - 1882)

5 commentaires:

Eblis a dit…

Chère Dirlandaise,
Encore une fois, je prends un peu plus d’un mois pour vous répondre. J’espère que vous me pardonnerez mon inconstance. Cependant, comme j’ai déjà dû vous le mentionner, je tarde peut-être souvent à répondre, mais je suis un correspondant fidèle et je viens quotidiennement sur votre blogue pour y voir vos dernières trouvailles.

J’ai été particulièrement heureux de voir que vous avez découvert les toiles de George Grosz ainsi que celles d’Otto Dix, deux peintres que j’affectionne particulièrement et qui me rappellent cette époque bénite où je vous ai connue. Lors de mon voyage d’études en France, j’ai eu à travailler sur la culture sous la République de Weimar, période fascinante et extrêmement riche sur le plan littéraire, artistique et musical. J’ai alors découvert avec beaucoup d’émerveillement cet art puissant décrivant avec force les réalités sociales dans ses moindres détails : des excès des années folles à la misère humaine. Si la chose vous intéresse et que vous en avez l’occasion, je vous encourage d’ailleurs vivement à vous rendre au Musée des beaux Arts de Montréal cet automne pour y découvrir l’art unique et fascinant d’Otto Dix – cet « art dégénéré » comme diras plus tard Hitler... C’est une occasion unique, les œuvres de Dix ne circulant que très rarement à travers le monde.

J’ai beaucoup pensé à vous au cours des dernières semaines et si je m’impose enfin ce temps d’arrêt pour vous écrire aujourd’hui c’est parce que je reviens d’une marche dans le vieux Québec (j’y avais un rendez-vous, donc j’en ai profité!). Quel plaisir que de marcher dans ces rues que vos pas ont foulées, d’observer ces paysages sur lesquels votre regard s’est posé et de sentir ce vent frisquet nous glisser dans le cou. J’en ai même profité pour aller jeter un œil du côté des antiquaires de la rue Saint-Paul pour voir s’ils n’auraient pas quelques trouvailles intéressantes... Depuis quelques mois, j’ai décidé de me mettre à collectionner les photos les plus intéressantes que je trouve chez les antiquaires, histoire de me bâtir une petite collection personnelle qui pourra m’être utile dans mes études et qui restera au Québec (ça me brise le cœur de savoir qu’une partie de notre patrimoine est exportée au plus offrant…). Je vois donc derrière cette passion qui s’affirme un plaisir bien égoïste, une occasion de me monter une collection qui me sera utile dans mes recherches et un geste patriotique en contribuant à garder les richesses de notre histoire au Québec...

Ainsi, vous n’avez pas aimé Vincente? J’aurais crû que votre intérêt pour la lutte armée en Tchétchénie vous aurait rendue peut-être plus intéressée à la violence dans l’art. J,en suis désolé. Je n’afficherais certainement pas ses œuvres dans mon salon et je déplore aussi la violence crue de ses tableaux, mais j’ai trouvé que son art choquait et qu’il remettait en question nos tabous... Pas vous?

(suite dans un prochain message)

Eblis a dit…

(Suite du message précédent)

Je ne connaissais pas Alain Decaux, mais je connais un peu le personnage de Paul de Tarse et ce dernier n’est, en effet, pas dépourvu d’intérêt. J’espère que votre lecture a été des plus agréables et que vous en avez tiré de beaux moments. En effet, l’histoire des religions constitue un champ d’études tout à fait fascinant et se pencher sur les systèmes de croyances qui régissent la société dans laquelle nous vivons ou celles que nous côtoyons s’avère très enrichissant. Je m’étais intéressé à Mathieu Ricard il y a quelques années. La pensée de ce moine bouddhiste ayant été le traducteur français du Dalaï Lama m’avait laissé songeur...

Vos problèmes de messagerie sont-ils réglés au fait? Pourrai-je vous réécrire sur votre adresse de messagerie électronique?

Sur ce, je vous laisse et retourne à mes travaux, histoire de ne pas trop prendre de retard! Je vous souhaite un bel automne rempli de féérie et de beaux moments.

À bientôt chère amie,
Votre Eblis qui pense à vous

P.S. Quel plaisir de voir sur votre blogue cette toile de Rossetti. J’adore les peintres préraphaélites dont le coup de pinceau traduit parfaitement bien la sensualité et le mystère du sujet. Leur peinture est toujours d’une douceur forte qui sait inspirer les rêves les plus enchanteurs...

Dirlandaise a dit…

Cher Eblis,

Ah quel bonheur de vous lire ! Chacun de vos messages me rend si heureuse. Comme c'est agréable d'avoir des nouvelles de vous cher ami. Bien sûr que je vous pardonne. Vous faites bien de m'écrire lorsque cela vous tente et non par obligation ce qui est affreux à mon avis.

Vous êtes heureux de mes découvertes notamment les peintres George Crosz et Otto Dix. Je dois vous avouer que je ne les connaissais pas du tout jusqu'à ce que je lise mon cher Michel Houellebecq et son dernier livre "La carte et le territoire" dans lequel il mentionne ces artistes ainsi que William Morris que j'aime beaucoup. Comme je suis curieuse, j'ai noté ces noms et j'ai fait des recherches afin d'en apprendre plus sur eux. Quels grands artistes n'est-ce pas ? Quelle joie de les avoir découverts. Je suis reconnaissante à monsieur Houellebecq pour cela.

Le peintre Rossetti était un ami de William Morris et ils ont même formé un ménage à trois un certain temps car ils étaient amoureux de la même femme, Jane, qui était un modèle de Rossetti et que vous voyez sur la toile intitulé "Proserpine". On la reconnaît d'ailleurs très bien dans de nombreuses oeuvres de ce peintre. Elle a épousé William Morris mais elle était amoureuse de Rossetti. Étrange... Ce pauvre Rossetti a sombré dans la folie lentement, quelle tristesse !

(suite plus haut)

Dirlandaise a dit…

(suite...)

Pour monsieur Vicente, je demeure songeuse quant à ses thèmes. Il est vrai que j'aime la Tchétchénie et que la violence ne me fait habituellement pas peur car c'est un mal qui est parfois nécessaire dépendamment du combat que l'on mène mais dans le cas de cet artiste, cela me semble gratuit. Enfin, je ne le connais pas en profondeur. Sa pensée et ses motivations sont sans doute intéressants.

Vous vous baladez dans le Vieux-Québec ? Il y a un certain temps que je n'y suis allée mais comme j'ai une course à faire bientôt, je devrais pouvoir faire quelques photos avec mon nouvel appareil. Je ne suis pas encore très familière avec son fonctionnement mais cela viendra.

Pour les photos que vous collectionnez, c'est une excellente idée je trouve. Notre patrimoine est si précieux, il faut tout faire pour le protéger.

Je lis présentement un auteur québécois en la personne de Louis Hamelin. Il me plaît mais ses phrases sont chargées de trop de mots ce qui alourdit le récit. Malgré ce défaut, il n'est pas désagréable de le découvrir.

Ma messagerie n'est pas encore réparée. Je reçois les messages sans problème mais impossible pour moi d'y répondre. Je dois alors passer par hotmail. Je ne sais pas comment corriger ce bug alors je ne fais rien.

Je suis un peu en panne d'auteurs ces temps-ci et cela me frustre. Je n'aime pas ces périodes creuses où les bons auteurs se dérobent à moi. Il est difficile de les trouver car la littérature est un monde si vaste. Je m'y promène en solitaire, recherchant les belles rencontres qui marquent une vie mais elles se font rares parfois. Enfin, je dois vivre d'espoir. Un bon auteur est une source inépuisable de joie et de bonheur pour moi.

Je vous laisse mon cher ami car je dois quitter mais je reviendrai plus tard vous entretenir de mes activités présentes.

Dirlandaise qui pense à vous et vous fais une douce caresse.

Dirlandaise a dit…

Cher Eblis,

Un petit mot pour vous parler d'un musicien que je viens tout juste de découvrir. Il s'agit d'Eugene Dr.Draw, un Torontois qui joue du violon électronique. Si jamais vous pouviez acheter son cd "Adagio", il est magnifique enfin moi je l'aime beaucoup.

C'est très étrange comme musique, assez inhabituel et tout à fait envoûtant.

J'ai fait des courses dans le Vieux-Québec il y a deux jours mais pas de photos. Ce n'est que partie remise. Tout comme vous, j'arpentais les rues en songeant que je mettais peut-être mes pas dans les vôtres, c'était agréable comme sensation...

Je vous ai laissé une chanson de David Bowie. Son dernier coffret de trois cd, une réédition de "Station to station" me comble. Quel grand artiste si sensible !

À bientôt cher ami,
Dirlandaise qui pense à vous. ;-)