jeudi 27 janvier 2011

Orphelia

6 commentaires:

Eblis a dit…

Chère Dirlandaise, très chère amie,
Encore une fois, je me serai fait attendre et j’aurai tardé à vous écrire, mais sachez que ce n’est pas parce que vous êtes absente de mes pensées. Bien au contraire, je passe sur votre blogue quotidiennement et mes pensées se tournent couramment vers vous. Vous me manquez chère amie, vous me manquez… Et ma plume me démange depuis des semaines… J’avais commencé à vous écrire une carte pour vous souhaiter un joyeux Noël et une bonne année, mais l’inspiration me faisait défaut. Chaque phrase que je produisais me rebutait et, dégoûté, je la rayais d’un trait pour tenter de reformuler mes idées.

Ce soir, je me laisse aller et je m’abandonne à la musique de Mahler (l’adagietto de sa cinquième symphonie si brillamment utilisé par Visconti dans Morte a Venezia) afin de vous écrire. C’est lyrique à souhait, et ça dégage un parfum d’évocations toutes plus fugitives et mystérieuses les unes que les autres. Quel plaisir que de se laisser bercer au rythme des images évanescentes de Visconti et de la douceur de la musique de Mahler. Quel plaisir...

Vendredi dernier, je parlais à un ami lorsque votre nom est apparu sur mes lèvres. J’évoquais, non sans une certaine mélancolie le temps qui s’est écoulé depuis que je me suis arrêté pour vous écrire un court billet. Je lui mentionnais que, bien que je sois fort inconstant dans la régularité de mes missives, je suis un correspondant fidèle et les quelques personnes dont je m’entiche occupent une place précieuse au fond de mon être qui leur est dorénavant réservé. C’est votre cas, ce n’est pas celui de beaucoup de gens.

Toujours est-il que cette Ophélie de Millais n’est pas non plus étrangère à cette vague d’inspiration qui me saisit ce soir. J’ai toujours adoré cette toile. La douceur des couleurs, la force d’évocation de Millais et l’atmosphère préraphaélite dans laquelle est campée cette Ophélie rejoignent cette sensibilité toute artistique que j’ai trop souvent corsetée dans un univers de rigueur scientifique pour me concentrer sur mes études. Sachez donc, chère amie, que je vous suis particulièrement reconnaissant d’avoir su libérer cette sensibilité de son corset quelque peu incommodant dans laquelle je l’avais confinée.

(suite ci-dessous)

Eblis a dit…

(suite du message précédent)

La dernière fois que je vous ai écris, je vous faisais part de mes recherches sur l’art grec dans le cadre d’un de mes cours et nous avions échangé sur le livre de Brunel. Sachez que mon exposé sur le sujet s’est très bien passé et que les commentaires furent élogieux – mis à part sur cette manie de claquer les doigts qui me prit subitement ce jour-là en raison de mon stress sans aucun doute… Je ne sais pas si vous auriez aimé cet exposé, mais j’aurais bien aimé vous compter parmi mon public trop succinct – les quelques douze élèves de ce cours – histoire d’avoir votre opinion et de bénéficier de votre érudition.

Ainsi, vous avez une « longue expérience » dans le domaine du mariage ? Rien de malheureux j’espère… Quant à Louis Hamelin, content que sa plume ait su rejoindre votre sensibilité et que vous ayez trouvé un vif intérêt dans la lecture de son Betsi Larousse. Dns mon dernier message, je vous suggérais de jeter une oreille – si vous me permettez l’expression – au « O Magnum Mysterium » de Tomas Luis de Victoria. Avez-vous eu le temps de vous imprégner de l’atmosphère mystique de cette oeuvre?

Sinon, avez-vous fait d’intéressantes découvertes –gastronomiques, littéraires, musicales, artistiques, humaines ou autres – au cours des derniers mois? Comment avez-vous meublé votre quotidien et comment se sont déroulées vos fêtes de fin d’année? À ce que j’ai pu constater vos invités ou vos hôtes ont pu bénéficier de petits plats que vous avez mitonné vous-même me semblant tous plus succulent les uns que les autres.

En vous remerciant pour votre douce caresse,
Eblis qui pense à vous

Dirlandaise a dit…

Cher Eblis,

Justement je pensais à vous ces temps-ci et je me demandais quand vous me feriez le bonheur de m'écrire et vous voilà enfin ! Je suis si heureuse de vous lire à nouveau, chacun de vos mots est plus doux que le miel et quand je vous lis, mon univers s'éclaire d'une douce lumière. Je vous remercie pour les voeux de bonne année et je vous souhaite aussi une très bonne année remplie de succès et de joies. La vie est parfois si cruelle mais elle nous réserve aussi parfois de grands et petits bonheurs qu'il faut saisir quand ils surviennent de peur qu'ils ne s'envolent à jamais. Donc, je saisis ce grand bonheur de vous écrire sans attendre à demain.

Vous évoquez le beau film "Mort à Venise" de Visconti que j'ai également beaucoup aimé malgré toute la tristesse et l'impuissance dont il est imprégné. Les rapports humains sont si complexes et d'une fragilité telle que le moindre faux pas, la moindre maladresse peut tout faire éclater comme du cristal. Je viens d'en faire l'expérience et cela me désole mais que faire mon dieu que faire lorsque la faute est commise et que rien ne peut l'effacer ou la faire oublier. Enfin, ce sont des problèmes personnels que je ne tiens pas à vous faire subir inutilement cher ami. Mais la souffrance que j'éprouve tarde à disparaître et il me tarde de guérir de ce fâcheux contretemps. Cela m'a troublé au point que j'ai eu du mal à me concentrer sur mon travail mais je dois me ressaisir car la vie doit suivre son cours.

Vous aimez cette Ophélie ? Elle est si belle n'est-ce pas ? Je suis heureuse encore une fois d'avoir touché votre coeur. Comme vous, je la contemple et ne m'en lasse pas.

(suite...)

Dirlandaise a dit…

J'ai écouté l'oeuvre que vous m'aviez si chaudement recommandée. C'est une musique très belle, empreinte d'une religiosité profonde. Elle remue l'âme et lorsqu'on l'écoute, plus rien n'existe.

Vous me demandez si j'ai fait quelques découvertes ? Bien peu mais tout de même quelques-unes. Je viens de découvrir Helen Levitt, une photographe que j'admire au plus haut point. C'est d'ailleurs ce que j'aimerais arriver à faire comme travail. Enfin, je ne peux en parler plus car je ne la connais encore pas très bien mais nous avons elle et moi bien des affinités il me semble. Sa vision du monde rejoint la mienne sur beaucoup de points.

Côté littérature, je nage en plein désespoir. Je recherche désespérément un écrivain avec qui je pourrais entrer en communion comme je l'ai fait antérieurement avec quelques autres comme Strindberg ou Matzneff et je n'y arrive pas. Je voudrais un écrivain qui me nourrisse de sa prose et m'accompagne dans la vie comme Matzneff a si bien su le faire. Il m'a tellement appris, je suis si reconnaissante de tout ce qu'il m'a enseigné et voyez-vous, je suis devenue exigeante et je cherche... je cherche sans rien trouver et le désespoir me gagne certains soirs.

Pour le moment, je lis beaucoup sur l'Islam car j'aimerais mieux comprendre ce monde étrange qui est si différent du nôtre et qui m'effraie un peu je l'avoue. Mais parfois, je doute du bien-fondé de telles lectures. Enfin, je nage un peu en plein brouillard pour l'instant.

Pour la musique, j'ai reçu en cadeau le dernier coffret de 3 cd du chanteur français Renaud que j'aime bien. Ses textes sont très intéressants et parfois fort drôles. Il est intitulé "Le plein de super". Je vous le recommande enfin, si vous aimez écouter parfois ce genre de musique engagée.

C'est bien peu de découvertes comme vous pouvez le constater mais comme je l'ai mentionné plus haut, des évènements imprévus sont venus perturber ma vie mais tout est rentré dans l'ordre heureusement.

J'aurais bien aimé écouter votre exposé sur l'art grec. Je comprends votre stress car moi-même, j'ai toujours été paralysée de peur à l'idée de parler en public ou devant une classe.

Je vous laisse cher Eblis et comme à l'accoutumée, je vous réserve de douces caresses. Puissiez-vous penser à moi aussi tendrement que je pense à vous cher ami.

Votre Dirlandaise

JEAN LOUIS a dit…

Chère Dirlandaise,

J'ai remarqué votre post par lequel vous recherchez un écrivain ! Je suis écrivain privé et assistant juridique ; Peut-être pourrions-nous échanger ?

Je vous laisse mon mail : adjucom-ep@hotmail.fr

bientôt
Bien à vous

Jean LOuis

Dirlandaise a dit…

Cher Jean-Louis,

Je crois qu'il y a un léger malentendu. Je recherche un écrivain pour lire son oeuvre et non pour échanger par mail.

Merci pour votre gentil message.

Dirlandaise