mardi 22 février 2011

Une autoroute souterraine

"Quand les taliban s'emparèrent de Kaboul en 1996, Washington n'émit aucune protestation. Et ce pour la bonne et simple raison que les leaders taliban étaient déjà en route pour Houston, au Texas, sur invitation de la compagnie pétrolière Unocal. Avec l'accord secret du gouvernement des États-Unis, l'entreprise leur promit une part confortable des profits engendrés par le pipeline que les Américains projetaient de bâtir en Afghanistan - une "autoroute" souterraine qui devait relier les formidables gisements énergétiques du Turkménistan au littoral Indo-pakistanais. Naturellement, les États-Unis prévoyaient de contrôler seuls cette installation. "Les taliban vont sans doute évoluer de la même manière que les Saoudiens", observa un diplomate américain, résumant en une phrase les espoirs de la Maison-Blanche. Washington voyait l'Afghanistan comme une colonie pétrolière capable de produire d'énormes profits, et refusait de prendre en compte l'absence de démocratie et la persécution légale des femmes. "Nous nous en accommoderons", ajouta le diplomate. Malgré l'échec des négociations, la construction du pipeline demeura l'une des priorités absolues du président Bush, "fortement impliqué dans l'industrie pétrolière". L'ambition secrète de George W. Bush consistait à exploiter les réserves de pétrole et de gaz naturel du bassin Caspien, lequel représente la plus grande source d'énergie fossile encore intacte et serait capable, selon certaines estimations, de satisfaire l'appétit vorace des États-Unis jusqu'à la prochaine génération. Mais il fallait pour cela que le pipeline traverse l'Afghanistan." John Pilger

(Qui finance le terrorisme international ? Loretta Napoleoni)

N.B. : Taliban est le pluriel du mot arabe talib. C’est pourquoi il est parfois employé sans s au pluriel en français.

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