mardi 20 septembre 2011

Quelques réflexions matzneviennes...

"Je ne céderai jamais à la tentation de me peindre dans mes livres meilleur que je ne le suis dans ma vie ; de devenir un homme-mensonge, par arrivisme, par peur. Je n'ai pas de goût pour le scandale, mais je préfère le scandale à l'hypocrisie."

"Il y a le temps du monde, qui s'écoule en vain, le temps des soucis, des cancans, des intrigues, des désirs mauvais ; et il y a le temps, créateur, fécond, que rythme la prière."

"Les gens ont peur, et c'est parce qu'ils ont peur qu'ils veulent posséder ; qu'ils organisent leur vie comme un coffre-fort. Moi, si je suis ivre du désir de non-possession, c'est parce que je n'ai peur de rien. Je ne m'aime pas assez et je suis trop indifférent à tout pour avoir peur de quoi que ce soit."

"La poudre d'or sur ses paupières. Des parcelles tombent sur ses joues, sur ses lèvres, et quand je l'embrasse, c'est comme si je baisais des étoiles d'or."

"Je suis un vaisseau fantôme perdu en haute mer. Je suis abandonné de tous, renié par tous. Seules quelques mouettes aux ailes blanches m'accompagnent encore, indulgentes et légères."

(Gabriel Matzneff, Élie et Phaeton, jounal 1970-1973)

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