vendredi 4 novembre 2011

Envie d'ailleurs...

"Il est fatigant d'être soi-même. C'est habiter continuellement la même maison. Généralement comme un vieux domicile où l'on a pris des habitudes qui empêchent d'aller plus loin que les deux ou trois pièces du rez-de-chaussée où l'on fait tout. Car la plupart des gens s'habitent au premier, voire au second, ou même sur le toit. Les grands esprits aiment les grandes baies. Les peintres s'habitent au balcon et les prophètes sur la terrasse, les rêveurs au grenier, les penseurs à la cave. La cave est devenue à la mode. Le snob y plonge la tête la première. Il aime son soupirail et ses ténèbres tièdes, le tuyau du gaz, le tas de charbon, la tache que la fuite de l'évier a dessinée sur la muraille. Il vit dans ses soutes comme un rat. 

D'autres aiment les pièce d'apparat : Goethe astiquait la salle des bustes. D'autres vont et viennent toute la nuit, guettant le fantôme de l'escalier. Mais enfin, quelles que soient les ressources du logis, on se lasse de regarder le poisson rouge. On a envie d'ailleurs.

C'est pourquoi l'homme, le Mardi gras, s'habille en bergère Louis XVI et met un chapeau mousquetaire. Il entre dans l'âme d'un autre homme, il habite la maison du roi, la caverne du troglodyte ; le notaire met une trompe, l'épicier met des cornes, le gendarme une tête de cheval. L'esclave, à l'origine, prenait la toge du maître, c'était l'esprit du Carnaval."

(Alexandre Vialatte)

3 commentaires:

Eblis a dit…

Chère amie,
Le mois de novembre commence déjà et le temps sera bientôt celui qu'il faisait lorsque je vous écris la première fois, celui qu'il devait faire lorsque vous avez pris cette photo qui a accroché mon regard et sous laquelle je vous ai laissé un premier commentaire. Hier encore, on était en août et je partais vers Ottawa en vous écrivant au son des concerti grossi d'Haendel alors que nous sommes maintenant déjà presque à Noël. Pardonnez-moi de ne pas avoir eu le temps de vous écrire plus tôt. Mince consolation, je peux vous affirmer que si vous aviez reçu un pli de ma part à chaque fois où je pense à vous, vous auriez été submergée de missives depuis les deux dernières années et vous auriez eu peine à toutes les lire!

Je vous ai écris il y a une semaine et j'ai envoyé mon courriel à quelques-unes de vos adresse. Malheureusement, je me suis rappelé un peu trop tard que vous aviez des problèmes avec vos boîtes de messagerie. L'avez-vous donc reçu ou voulez-vous que je vous le renvoie? Si je dois vous le renvoyer, à quelle adresse voulez-vous que je l'expédie?

Au plaisir de vous lire,
Votre cher Eblis qui pense à vous en ce petit matin d'automne

Dirlandaise a dit…

Bonjour Eblis,

J'ai bien reçu votre charmante lettre. Pardonnez le délai pour vous répondre. Je vais remédier à cette négligence impardonnable au plus tôt, probablement ce soir.

Je vous ai fait attendre et je m'en excuse. Ne m'en tenez pas rigueur, cela me chagrinerait au plus haut point.

C'est toujours un tel bonheur de recevoir de vos nouvelles !

À ce soir donc cher ami et encore une fois, pardonnez-moi pour ce délai.

Votre Dirlandaise. ;-)

Eblis a dit…

Chère amie,
Ne vous excusez pas. Si je vous ai écris, c'est simplement pour m'assurer que vous avez bien reçu mon dernier pli puisque nous avions eu quelques problèmes informatiques au cours de nos derniers échanges. Prenez tout le temps dont vous aurez besoin. S'il y a bien quelqu'un qui doit se sentir mal de faire attendre l'autre, c'est moi et non vous!

Alors prenez tout votre temps. le plaisir de vous lire n,en sera que plus grand!.

À bientôt, chère amie,
Votre Eblis qui pense à vous